Alors que la première audience de Christophe Dettinger, le « boxeur gilet jaune », s’est déroulé dans un climat tendu, Jean-Philippe Morel, avocat de l’association partie civile Gendarmes et citoyens contacté par France-Soir, met en garde contre les « fantasmes » autour d’un « procès politique » alors qu’il s’agit d’un « dossier malheureusement ordinaire ».

L’ex-boxeur professionnel Christophe Dettinger sera finalement jugé les 13 février prochain pour avoir violenté plusieurs gendarmes mobiles lors d’une manifestation de gilets jaunes le 5 janvier. Parmi les parties civiles se trouve l’association Gendarmes et citoyens. Son avocat déplore un climat tendu qui ne doit pas prendre le pas sur le jugement des faits.

« Je m’insurge contre cette vision d’un procès politique. C’est un détenu de droit commun qui reconnaît avoir commis des violences graves », explique à France-Soir Maître Jean-Philippe Morel. « C’est un dossier malheureusement ordinaire. Depuis plusieurs semaines, on a des comparutions immédiates pour violences sur les forces de l’ordre ». « En droit pénal, on juge des faits et une personnalité », rappelle-t-il.

Pour la partie civile il ne doit pas s’agir ici de faire le procès des gilets jaunes ou de la politique du gouvernement, malgré les pressions qui peuvent survenir. « L’ambiance était extrêmement tendue, la sérénité nécessaire aux débats était difficile à assurer (lors de la première audience mercredi 9, NDLR). Mais les juges sont restés sereins dans le respect des droits de la défense et de la partie civile » , détaille l’avocat de Gendarmes et citoyens. Il considère d’ailleurs qu’une audience à huis clos le 13 février ne ferait que « renforcer les fantasmes » sur une prétendue partialité de la justice, même si l’idée reste envisageable en cas de troubles graves pouvant affecter la sérénité des débats.

Si certains syndicats de policiers ont prévenu que le verdict serait « scruté », Maître Morel rappelle que « la partie civile n’est pas là pour réclamer une sanction pénale », même si celle-ci ouvre la voie aux réparations. L’association s’est constituée partie civile « pour exprimer une solidarité entre camarades gendarmes » et « souhaite que les esprits s’apaisent ».

Selon lui, le symbole le plus fort serait que Christophe Dettinger « présente des excuses puisque sa parole est désormais très écoutée et que lui même reconnaît avoir commis une infraction grave. En faisant une vidéo avant de se rendre, il savait qu’il allait faire le buzz et cela fait de lui une figure emblématique ». Reste donc à voir si les débats parviendront à s’extraire d’un contexte très particulier, et quelles seront les réactions au verdict.